VOLCERRA
Chapitre 9 · 21 décembre 2024

De la sueur et du sable

Préparations dans la poussière

À Lágrimas, sous la chaleur étouffante du soleil, l’équipe de gladiateurs menée par Karak se prépare intensivement au grand combat. Karak, champion aguerri, impose à ses compagnons, Emilio et Dasco, un entraînement brutal pour les endurcir face aux surprises cruelles de l’arène. Emilio, souffrant sous l’effort, peine à suivre le rythme infernal, et finit par s’effondrer sous les regards amusés des autres combattants. Quand des musiciens répètent dans les gradins, il réalise aussi quelque chose de plus intime : au Cratère Sanglant, on n’a jamais laissé Karak chanter. On l’a dressé pour frapper, jamais pour faire entendre sa voix.

Rencontres inquiétantes

En coulisses, Octavio mène une enquête sur les adversaires potentiels et découvre une menace imprévue : Velthar, redoutable chasseur de monstres marins venu des terres lointaines de Vazulis. Accompagné d’un inquiétant crustacé électrique, le Crabe-Foudroyant, Velthar s’annonce déjà comme un danger mortel pour le groupe.

Pendant ce temps, Emilio et Dasco sympathisent prudemment avec Grandão, un ingénieur dreling doté d’un gigantesque exosquelette mécanique nommé Alfonz. Emilio essaie maladroitement d’utiliser un bras mécanique de rechange offert par Grandão, mais l’expérience tourne au fiasco : l’engin incontrôlable le traîne à travers l’arène, révélant par hasard un mur creux, potentielle échappatoire secrète.

Mystères nocturnes

La nuit venue, Emilio tente discrètement d’explorer ce passage caché, rejoint par Dasco. Leur tentative furtive est interrompue par une complainte mélancolique chantée par Cisérion, l’homme-oiseau des gradins. Le chant évoque un passé perdu, lié peut-être aux ruines antiques des Lusitanis sur lesquelles la ville fut bâtie. Cette découverte éveille la curiosité du groupe, poussant Dasco à enquêter sur des symboles mystérieux gravés dans l’arène, tandis qu’Emilio cherche à infiltrer la guilde des musiciens locaux à la recherche d’indices.

Chico et les enfants perdus

Dans les ruelles de Lágrimas, Emilio retrouve Chico, un ancien camarade de son gang des Vagalumes. Le garçon lui révèle que leurs amis ont été capturés par la famille Da Alaveza et enfermés dans une prison secrète, tandis que Luiz, leur rival de toujours, est déjà tombé et inscrit sur un vitrail funéraire du quartier. Chico, désormais protégé par un réseau clandestin nommé le Récital, évoque un certain Veridane Texeres au cœur de ces manœuvres, plantant les graines d’une future confrontation.

La poussière se soulève

Le lendemain, la tension monte à mesure qu’approche le duel de sélection du champion. Karak brûle d’ambition, tandis que ses compagnons redoutent la violence à venir. L’affrontement ne tarde pas à exploser : face à eux, Grandão et le Marionnettiste, un sinistre manipulateur aux marionnettes serpentines. Très vite, le combat tourne mal : Karak est brutalement projeté contre les murs de l’arène par la charge mécanique de Grandão, tandis que les pièges insidieux du Marionnettiste déploient des vers mécaniques surgissant du sable.

Dans un chaos épique, après plusieurs tentatives échouées d’aide d’Emilio et Dasco, Grandão finit par subir une défaillance fatale de son exosquelette, créant une ouverture décisive. Saisissant sa chance, Karak concentre toute sa rage en une attaque finale spectaculaire contre le Marionnettiste, enveloppant son poing de flammes dévastatrices qui balayent l’arène dans une clameur assourdissante.

Depuis les hauteurs sombres de son balcon, Skemezzor observe avec satisfaction, savourant le spectacle tandis que la fumée et la poussière retombent lentement sur la victoire incertaine de Karak.

Mais la victoire a un arrière-goût amer. Dans les tunnels, Skemezzor attend ensuite son champion pour le féliciter. Karak, grisé par le goût de la liberté éprouvé auprès du groupe, ose alors poser ses conditions : s’il remporte le grand spectacle de la Festa da Astúcia, il veut sa liberté. Le nagarr lui répond avec un sourire de prédateur : « Si tu survis… bien sûr. » Le triomphe du jour se referme aussitôt sur la promesse d’un piège plus vaste.