VOLCERRA
Chapitre 24 · 24 mai 2026

Rester de marbre

L’île des rêves

Au Piscar do Ohlio, Perolan proposa à Karak un raccourci dangereux : entrer dans la carte des Îles des Rêves pour gagner, en quelques heures, le temps d’entraînement que la Grande Audição ne leur laisserait jamais. Dans le monde du Songeur, un colisée végétal naquit des peurs et des désirs du demi-troll. Karak y travailla jusqu’à l’épuisement, sous les sarcasmes de Isẹ̀kù, tandis qu’un petit Aṣiní de braise, Ẹ̀míhàn, se formait sur son épaule. Ils faillirent y rester trop longtemps, mais revinrent juste avant que le rêve ne les enferme.

La rue sans lumière

Le lendemain, Dasco, réparti entre Talvazio, Fervaldino et Pironço, fut envoyé vers la Rua das Lucciolas. Dans cette rue de lanterniers de Divazão, les lucioles de feu étaient mortes, les façades s’étaient changées en cendre, et deux Voilés d’Émeraude gisaient vidés de leur couleur. Une raccoglitrice blessée parla d’une lumière noire, épaisse comme un brouillard. Pendant que deux corps enquêtaient officiellement, Pironço suivit seul la trace de Lucão Galiazze jusqu’aux tableaux du Prince-Évêque.

La trame d’or

Devant la cathédrale d’Ivalavi, Octavio, Perolan, Karak et Dasco remontèrent la piste de Galiazze dans la Venelle des Blocs Blancs. Deux vertanes, Lithandrè et Kalvéris, leur indiquèrent un passage souterrain marqué par de lourds pas de marbre. Sous la ville, dans la paume d’une Sentinelle Éternelle, ils trouvèrent un croquis nommé la Trame : les portraits du Prince-Évêque formaient un réseau de filaments d’or dirigés vers le cœur de la cathédrale.

L’atelier de la peur

Plus bas, l’ancien atelier Da Baroncuzia révéla une autre histoire de la Casa do Mármore. Galéario Da Baroncuzia avait étudié les Galatéens, non plus comme des œuvres animées par l’admiration, mais comme des créations nourries par la peur. Entre les ouvriers emmurés, les jeux de marbre et les hommes pétrifiés, le groupe comprit que l’atelier produisait encore cette terreur ancienne. Perolan accueillit même, auprès d’Isẹ̀kù, une cour d’esprits du jeu en fuite.

Le Cavalier baroncuzien

Au fond attendait le Cavalier : un cheval de marbre, sourire fendu de dents, prisonniers vivants coincés dans sa gueule. Sa peur pétrifia Octavio et faillit éteindre Karak. Les Boiunas de Dasco improvisèrent des pièges, Perolan ouvrit une issue par la Tour, et Karak, porté par Ẹ̀míhàn, força la créature à trébucher. Pironço planta alors sa lame dans la suture dorsale indiquée par les plans. Le Cavalier s’effondra. Luqia se posa sur les débris, vivante mais silencieuse, tandis qu’Octavio restait statue. En remontant avec leur ami de marbre, les survivants débouchèrent au Claustro dos Cacos, face à cinq Galatéens immondes : le Claustrum Crepacti.