
Perfectio Fracta
L’atelier emmuré
Portant les cent quatre-vingts kilos de marbre qu’était devenu Octavio, Karak, Perolan et les trois corps de Dasco débouchèrent dans un atelier aux fenêtres murées : celui de Galéario Da Baroncuzia, dont le cadavre pétrifié gardait encore l’entrée. Au centre, cinq statues difformes tenaient captif Lucão Galiazze. Depuis une volute, Luqia sonda leurs esprits de pierre et vit leur histoire : Il Ceppo et Lacuna, galatéens jadis admirés puis abandonnés, avaient appris dans les traités de Galéario à survivre en se nourrissant de peur. Ainsi était né le Cercle des Crepacti.
La parole et la pierre
Sous les traits d’un sculpteur, Perolan sortit de l’ombre et tenta de négocier. Il Ceppo l’écouta, hésita même — « Qu’est-ce que vivre, pour vous ? » — mais refusa de rendre le prisonnier. Il Cherubino, colosse à tête minuscule, projeta le changeforme contre un mur. Le combat commençait.
La chute du Cercle
Guidé par Luqia, Perolan brûla deux jetons d’Isẹ̀kù pour forcer la chance : la carte du Kraken dissout un bras du géant dans l’acide. Karak lança Luqia, gonflée d’un bolus féral, contre Lacuna en plein vol. Mais la statue séraphique se régénéra en pétrifiant un prisonnier, et Luqia, folle de rage, fit s’effondrer l’échafaudage où se trouvaient les captifs — coupant net le flux de peur qui maintenait le Cercle en vie. La Pietà fut brisée, Galiazze arraché à ses bras, et l’atelier s’effondra sur les Crepacti tandis que le groupe fuyait les eaux montantes. Karak, à bout de forces, sombra — et fut recueilli par des Rapsodyles.
Le récit de l’iconographe
À la planque de la Comissura, veillé par Iphéria, Galiazze raconta tout : la Trame de tableaux dorés qui capte l’admiration de Divazão au profit du Prince-Évêque, et le projet Magna Retina — faire de la ville une toile dont lui seul déciderait ce qui mérite d’exister. Seul manquait au Prince-Évêque le savoir perdu des Grands Maîtres Cangianti. C’est alors que Luqia cria devant Adraste : « L’art des Grands Maîtres ! » Dans les ruelles, le Restaurateur glissa à Perolan un coquillage : rendez-vous le 6 de Nakkinel.
La veillée
Dasco confia les quatre prisonniers libérés à la Confrérie des Soupirs, puis la soirée s’étira autour d’une liqueur de noisettes : le poker de Perolan, la haine d’Iphéria pour l’Église, l’océan de Dasco, le masque qui ronge Candesco. Devant la statue silencieuse d’Octavio, Adraste se leva : « Je parviendrai à redonner ses couleurs à votre ami. »
Les œufs de l’Opéra
Karak s’éveilla dans les combles de l’Opéra du Chœur Céleste, veillé par Dola’sil. Sous une trappe, des milliers d’œufs de rapsodyles luisaient d’or pâle : un asile secret offert par la Casa do Tom, interdit par le décret Civitas artium non vivarium. Si la Casa perdait la Grande Audition, la Casa do Movimento les dénoncerait. Karak fit craquer ses doigts : « Bon mon ami, ramène-moi. On a une grande audition à gagner ! »