VOLCERRA

Lucitanis

Nature : Tribus de la côte et des lagunes
Première apparition : Séance 18

Le nom

« Lucitanis » n’est pas un peuple. C’est un ensemble. Avant les Vespellos, plusieurs tribus se partageaient la côte et les lagunes. La conquête les a regroupées sous un même nom — un exonyme vespello, forgé sur celui de leur martyr commun, Lucitanaz.

Vaincues lors des Guerres de Lágrimas, ces tribus furent intégrées plutôt qu’effacées. Leur langue était déjà la lingua franca de la région : elle est devenue la base du barazéen commun.

Le récit fondateur

Toutes se reconnaissent dans la même histoire. L’ancien empire azuni les tenait en esclavage. Lucitanaz brisa les chaînes et mourut au nom de leur liberté, se sacrifiant pour ouvrir la brèche par laquelle les siens s’enfuirent par les cours d’eau. C’est cette mort consentie — un sacrifié-sauveur — que les Vespellos récupéreront plus tard.

De cette fuite naissent trois branches, chacune rattachée à une figure autour de Lucitanaz.

Les Acquatalans

Branche dominante, lignée de Talan, bras droit devenu premier roi. En mer, dans le sang encore chaud du martyr, il scella le pacte avec les Poissons Primordiaux. De là viennent les Couronnes Salées, rois marqués par l’eau, et l’imagerie des poissons.

Ce sont leurs motifs que le groupe peut voir dans les ruines d’Alvidral. Les poissons-rubans de Divazão et le sang que l’Olho que Come a remplacé par le spectacle en gardent la trace, sous le vernis gémellite.

Les Muzerani

Branche des Muses, descendants de Sopria, la compagne de Lucitanaz. Elle n’a pas combattu : elle a tenu les esclaves debout par l’art, et aurait prêté son corps à une première Muse pour graver la prophétie de la fuite — fondant le pacte avec les esprits des arts.

Les Muzerani revendiquent donc une filiation par l’esprit, pas par le sang. Cet écart leur valut des siècles d’opprobre de la part des Acquatalans, qui les tinrent pour des descendants de seconde classe. La fondation de Divazão fut leur acte d’auto-libération : une cité-sanctuaire où règne l’art, dont l’apogée de marbre fut permise par le pouvoir des sculpteurs.

Les Vetenni

Descendants de ceux qui restèrent veiller le tombeau de la mère de Lucitanaz, morte en esclavage avant la révolte. Ils n’ont pu suivre ni Talan ni Sopria. Ils sont restés plus à l’est. Le groupe ne les a pas rencontrés.

La version de l’Empire

L’Empire a poussé la récupération plus loin, en syncrétisant Lucitanaz lui-même en Lucão le Précurseur : un martyr qui aurait annoncé la venue des Deux. Sa révolte devient alors une simple préparation de la lumière gémellite.

À Divazão, c’est cette liturgie qu’on enseigne. Lors de l’Olho que Come, Sinfonio do Tom raconte qu’autrefois les Lucitanis sacrifiaient un homme et une femme aux dieux des abysses, et que l’Église a remplacé le sang par le spectacle. La mémoire de la côte, elle, garde un seul martyr, puis Talan et Sopria.